Dieu que c’est beau la vie

Comme vous le comprendrez aisément et rapidement dans mes propos, je suis athée, vraiment athée, et pas agnostique.

Attention, mes propos risquent d’heurter certaines âmes sensibles. Si vous poursuivez votre lecture, c’est à vos risques et périls…

Est-il possible d’envisager la vie sans dieu ni déesse ?

Comment accepter la mort sans se raccrocher à la possibilité  de continuer d’exister sous quelque forme que ce soit ?

Quand on se penche sur la beauté de la vie, sa complexité, son acharnement, sa diversité il peut être difficile d’imaginer qu’un tel miracle ne soit pas le fait d’un architecte divin. 

Quand on se questionne sur l’univers, sa brutale apparition, à partir de rien, d’un néant absolu, on est tenté de penser que seule une entité surpuissante peut être à l’origine d’un tel phénomène.

Même les plus grands scientifiques finissent par accepter l’idée du divin, quand ils arrivent au bout de leur tentative d’explication des phénomènes observés. Ils sont pourtant convaincus par le Darwinisme le plus souvent.

Et quand l’on perd un proche, la tentation de se raccrocher à l’espoir d’une vie après la mort est grande… 

Je conçois très bien toutes ces raisons légitimes. Avant d’aller plus loin, je souhaite bien distinguer la notion de Dieu, de celle de la religion… Pour ce qui est de la religion mes propos seraient beaucoup plus radicaux. Mon regard sur la religion est « terrible » : je pense qu’il s’agit d’une invention marketing redoutable qui vise à manipuler les populations, au profit des plus riches et des plus puissants… voilà c’est dit. D’ailleurs si Dieu existait vraiment, il ferait certainement en sorte de faire disparaître les religions, et n’aurait même pas permis leur création. Oups je m’égare…

La beauté et la complexité de la vie pourrait-elle être telle sans un illustre divin ?

Ma réponse est définitivement : Oui. Je souhaite illustrer mon positionnement tranchant… Tous les scientifiques, même parmi mes préférés, estiment que la probabilité de l’apparition de la vie est si faible qu’elle parait impossible sans un déterminisme donné. Oui c’est vrai. Mais si nous sommes vivants c’est bien parce que cette improbable possibilité s’est révélée. Einstein disait que « Dieu ne joue pas aux dés »… Je pense que du chaos et de l’improbabilité naissent des choses improbables. Tout simplement parce qu’il existe dans le chaos un bouillonnement naturel des choses, qui tente de bâtir des éléments stables, qui fait des essais, nombreux, et permanents, et qui finit par fabriquer des éléments relativement stables. Si ces éléments évoluent ou progressent par passes successives d’essais, dont la majorité sont morts-nés, ceux qui perdurent sont les plus stables dans leur environnement. Et l’on se retrouve ainsi admiratifs de constater la subtilité des espèces vivantes, leur extra-ordinaire adaptation à leur milieu et à en déduire que le hasard qui les a constituées s’appelle Dieu !

Alors, mon très cher Einstein, avec tout le respect que je te dois, et l’admiration que je te porte (@merci pour E=MC2 et la théorie de la relativité restreinte : bluffant, époustouflant,…), je dois t’avouer mon désaccord : si Dieu existe, il joue aux dés, à tel point qu’il devrait être interdit de casino.

Comment survivre à l’idée de la mort si Dieu n’existe pas ?

La mort, et la peur qu’elle représente, est un très bon prétexte à l’invention d’un Dieu. Son existence rassure. Si l’on a été bien sage, on mérite ainsi sa clémence, et on peut penser qu’il nous réservera un bon accueil, que notre destination sera le paradis… Sinon ce sera l’enfer. Dans ce paradis nous aurions l’occasion de retrouver nos défunts bien aimés, et serions entourés uniquement de bonnes âmes grâce à l’orientation divine qui aura pris soin de créer un grand enclos pour les méchants, pour les punir et aussi les éloigner des gentils. Un peu simpliste non ?

Si Dieu n’existe pas ça devient plus compliqué pour beaucoup d’entre nous (mais c’est sûrement plus cool pour les méchants). La mort devient très obscure, très noire, et nous devons nous accommoder de ne pas savoir ce qu’il advient de nous. Imaginer que la mort est une fin peut effrayer. J’ai déjà rapidement abordé le sujet dans un autre billet d’humeur. Je considère que les êtres humains ne peuvent pas avoir la prétention de mériter plus de suite à leur vie que tout autre être vivant de la planète, de l’univers. Donc pas plus qu’un arbre, un ver de terre ou un moustique. Nous faisons partie d’une formidable machine organique qui construit, élève, et détruit afin de reconstruire encore et encore dans un processus de recyclage vertueux. Pourquoi n’acceptons nous pas cette vision pragmatique alors que nous en constatons la puissance et les bienfaits au quotidien ? Le carbone, l’azote et l’oxygène de nos corps (pour ne citer qu’eux) sont en renouvellement permanent, nous nous développons et vieillissons plutôt bien en ingérant des éléments permettant de construire des cellules nouvelles… Ce phénomène de renouvellement permanent est basé sur 2 phénomènes en concurrence : l’apoptose et la prolifération cellulaire. Dès sa construction notre corps prend l’habitude de provoquer la mort de cellules usagées pour les remplacer par des nouvelles plus vigoureuses. Avec ce phénomène on se rend bien compte que pour qu’il y ait la vie, il faut que la mort existe, et que cette mort n’est finalement qu’un étape dans ce recyclage de matière.

Vous êtes en train de vous dire : et l’âme dans tout ça ? C’est vrai, pour se rassurer l’homme a aussi inventé cette notion. Penser que les êtres surpuissants que nous sommes puissent complètement finir sous la terre ne laissant d’autres traces d’eux que des écritures sur des pierres tombales peut paraître intolérable… Il y a même eu une expérience qui a tenté de mesurer la masse d’une âme humaine pour nous rassurer. Le résultat donne environ 21 grammes. Et bien évidemment cette expérience démontrait du même coup que les chiens de l’expérience n’avaient pas d’âme… Dieu aurait donc bien privilégié l’homme et la femme dans sa création en leur collant une âme qui leur permet sans état d’âme de se revendiquer privilégiés, et dignes représentants de Dieu. Je me demande où se trouve la fabrique de ces âmes, comment Dieu décide de vous fourguer une âme pourrie qui vous conduira nécessairement à vous retrouver en enfer ou une angélique pour vous permettre de croire plus sereinement en lui et en sa bonté. C’est étrange finalement, on s’habitue à l’idée que nos pensées, nos raisonnements soient liés à des effets physico-chimiques, avec un brin d’électricité en prime, qu’elles soient cablées sous forme de neurones, interconnectés par des synapses… C’est quand même puissant les idées, et ce n’est à priori pas Dieu qui vous les donne car si vos idées vous conduisent à mener des actes répréhensibles, vous irez en enfer. Et vous êtes responsables de vos idées nuisibles puisque vous devez les confesser. Est-il raisonnable de penser que Dieu fabrique des âmes, et qu’il vous en attribue une, qui sera décisive dans vos actions et comportements, et qu’il décide au final dès le départ du sort qui vous sera réservé en fin de vie ? Décidément Dieu joue bien aux dés, voire même à la roulette Russe, et si il joue aux cartes en plus nul doute que son jeu contient beaucoup de d’âmes.

Mais que faisait Dieu avant de créer l’univers ?

J’adore cette question, on trouve énormément de forums sur ce sujet. Je l’ai découverte dans un un ouvrage de l’un des mes maîtres à penser : Stephen Hawking. La réponse biblique est du genre : il réfléchissait, préparait… la réponse relativiste reste floue : le temps n’existait pas avant le big bang, donc on s’en fout, il n’a pas du trouver le temps long…

Si Dieu existe, qui l’a créé ?

Une autre question plutôt vicieuse se pose en effet, sauf à supposer que Dieu n’a besoin de personne pour se créer ! Finalement, au jeu de la poule et de l’oeuf, il faut donner fin car on ne s’en sort plus.

Dieu est-il narcissique à ce point ?

Imaginez vous être Dieu (je connais des gens qui y arrivent bien, faites un effort !). Vous êtes seul au départ, devant un vide intersidéral absolu, et vous n’avez même pas pris le temps de créer le temps… Il est vrai que pour créer le temps il faut créer l’espace, et ça c’est long. Pourquoi ne pas créer plutôt un mini univers plus simple à gérer, avec moins de monde, tout en prenant impérativement soin d’y intégrer les ingrédients qui aboutiront à l’apparition de l’espèce humaine ? Franchement c’est mégalo de lancer un truc aussi ambitieux que l’univers dont nous ne sommes même pas sûrs des limites, et qui n’est peut-être qu’une toute petite partie d’un dispositif encore plus grand le « multivers »… Et pour votre penchant narcissique : vous prenez soin de faire germer l’espèce humaine, seule capable de prendre conscience de votre existence (pour que vous existiez, il faut bien que quelqu’un puisse le constater), de vous vénérer et de vous craindre… Quel manque d’humilité !

Faut-il en tirer des conclusions ?

Je n’ai pas l’intention ni la prétention de vous faire changer d’avis sur l’existence ou non de Dieu… En éliminant Dieu de l’équation, pouvons nous donner un sens à notre existence ? Je crois que oui.

Pour ma part je pense que dans le bouillon de l’univers nous sommes contraints de ne voir que des choses faisant partie de notre spectre de vision ou de ceux des outils que nous avons inventés pour « voir » l’invisible. Et pour que ces choses soient « visibles », elles doivent avoir une certaine stabilité dans le temps. Ces édifices « stables » sont rangés les uns dans les autres, comme des poupées Russes.

Je vous propose un bref voyage microscopique puis macroscopique…

Point de départ : vous en tant qu’individu… constitué(e) de membres, formés par des cellules, contenant des molécules, chaînes d’atomes, donc de noyaux composés de neutrons, protons… en continuant de tourner la molette microscopique dans le même sens on découvre encore des sous-constituants à ces nucléons : des quarks et des leptons. Après on ne sait plus, mais on est déjà dans une dimension infiniment infime de l’ordre d’un milliardième d’un milliardième d’un milliardième de mètre. Vous avez bien lu, j’ai répété 3 fois milliardième…

Revenons à vous, et prenons de la hauteur : vous vivez dans un milieu constitué d’espèces végétales et animales, sur un territoire minéral nommé la terre. Cette terre fait partie du système solaire, dans une galaxie nommée la Voix Lactée, au coeur d’un univers qui s’étend dans quelque chose mais dans quoi ? Peut-être dans un autre univers englobant ? Et il n’est plus exclu que cet univers soit entouré de confrères au sein d’un multivers…. sachant que le diamètre de l’univers est de l’ordre de 880 000 milliards de milliards de kilomètres (1000 fois + si exprimé en mètres bien sûr).

Il est amusant de constater ceci :

quarks : environ 10-27 <------- Vous : environ 2 mètres -----> Univers : environ 1027 mètres 

Vous constatez cette symétrie ? Etonnant non ? On se retrouve ainsi encore sur au centre des dimensions les plus extrêmes.

Imaginons que vous soyez à présent une cellule d’un corps humain. A supposer que vous ayez une conscience et une âme, vous êtes peut-être effrayé(e) aussi à l’idée de mourrir… Et pour vous rassurer vous vous inventez avec des ami(e)s un Dieu qui vous permettra de persister, peut-être sous une autre forme. En fait ce n’est pas tout à fait cela. Vous faites partie intégrante d’un organisme vivant qui exploite vos talents pour exister. Il sait qu’il peut vous perdre, mais que c’est bon pour lui car vous serez alors remplacé(e) par un(e) homologue plus saine. Il ne vous pleurera pas, et ne décidera pas non plus de votre avenir une fois qu’il vous aura éliminé(e) naturellement. Il est vrai qu’il peut accélérer votre mort par des actes volontaires ou non : la mal bouffe, la cigarette, la boisson, un accident, … Libre à vous de le prendre pour Dieu, si c’est le cas vous conviendrez qu’il joue effectivement aux dés et qu’il fait partie de quelque chose de plus vaste, d’un macro-organisme dont il n’est peut-être finalement qu’une « cellule » comme vous.

La notion de Dieu semble être ici une question d’échelle plus que de point de vue. Mais de là à en déduire qu’elle nous permet de prendre de la hauteur…


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