Rock’Roll

Intro Rock

Moment intense, j’écris sous l’émotion. Pour celui que j’aime et que nous venons de perdre, pour moi en égoïste avéré, et aussi pour Ophé, Fanny, Georges, Pauline, David, Geoff, Jean-Marc, Jeanne, Julien, Gaspard, Gérard, Nico, Christine, Véro, Jean Pierre, Anny, ses parents… la liste est tellement longue, que je pourrai remplir un billet remplit de leurs prénoms…

Revenons à lui, il ne nous reviendra pas lui. Tant de choses à dire. C’est (je ne sais pas si je m’habituerai à employer le passé) mon beau-frère (toujours cet égoïsme), un père remarquable, un ami, un mari, une silhouette dans les rues de l’île de Ré qui ne faisait jamais d’ombre à personne, et devenait si vite une partie ensoleillée de l’ombre de chacun.

Sa mort officielle nous a été annoncée il y a quelques heures, après un premier choc émotionnel brutal, un espoir de résurection éphémère, un revirement radical. Les 3 chocs électriques qu’il a reçu des pompiers après 20 minutes de massage cardiaque de sa femme (ma soeur au passage pour celles et ceux qui n’ont pas tout de suite compris la signification de beau-frère). 59 ans tout juste (comme lui), et 6 jours entre les 3 chocs et l’annonce de sa mort.

Je n’aime pas trop les hommages tous frais aux disparus. J’ai vécu des enterrements qui m’ont heurté. La mort filtre bien souvent les impuretés de vie des disparus pour ne laisser dans la bouche des proches que l’écume des rares actes de bonté et de grâce des individus. Le défunt est couvert de superlatifs vertueux, je trouve que c’est beau quand c’est certifié sincère et véritable, mais il arrive que les ordures en début de dégradation soient contés comme du noble fumier. De la magie noire ?

Vous pouvez vous dire que je tombe dans ce travers, que les émotions fortes et fraîches déforment mes souvenirs. C’est possible, cependant ce billet est sincère et me semble éclairé. Cet homme a beaucoup semé, sans OGM, en laissant derrière lui des sillons bien profonds, de belles pousses, des reliefs. Je boufferai longtemps ses paroles si saines, et hydratantes.

A ce stade du billet, je pense que j’ai déjà perdu la majorité des lecteurs qui ne l’ont jamais croisé. Je pense et j’espère que celles et ceux qui connaissent son identité sont en Alain–e. Courage à la horde de peinés, d’écorchés de sa disparition brutale, pardon à celles et ceux dont le prénom est absent de ma liste initiale. Si vous en êtes sur-peinés, un petit coup de fil, un court texto (par pitié pas de WhatsApp, pas de Facebook, ni messenger je ne suis présent dans aucun de ces lieux virtuels) et je modifierai le premier paragraphe pour ajouter votre prénom, pseudo, ou surnom avec plaisir.

Couplet B

Combien de fois l’avons nous entendu dire “je suis un fou moi”, je suis Rock & Roll.

Je suis d’accord, majeur !

Une silhouette en granit, campée sur des cannes robustes et suffisamment écartées pour résister aux vents violents. Capable de tenir ainsi des heures durant en position verticale pour écouter un ami, réagir, interagir. Pour accueillir des potentiels clients sur des salons professionnels, rapidement transformés en client, bien souvent voués à devenir des amis (@David, JM, Nico, Julien…).

Une gueule d’acteur, la voix grave hypnotisante, le regard invasif, la barbichette imparfaite assortie à ses cheveux rock, hard rock, indisciplinés.

Quand je bricolais avec lui, je lui disais : du calme Obélix ! Bien que non affublé d’un pantalon à rayures verticales, et avec une ceinture plus discrète que notre porteur de menhirs il a(vait) une force et une énergie de paysan et même parfois de son boeuf. Tant que ça tenait, et remplissait la fonction attendue c’était bien. Un lavabo posé trop près du mur, son robinet mal positionné au point de le buter (le mur) ? La solution immédiate était pour lui de casser la brique plutôt que de démonter le libérateur d’eau rotatif. Les planches de l’étagère de sa belle-fille ont résisté au poids de ses innombrables fringues et étaient toutes parfaitement parallèles aux autres, et au radiateur d’à côté. Sauf que le radiateur, guide dédits travaux d’Obélix (appelons le Idéfix si vous voulez ce guide) se jouait parfaitement de l’horizontale. Le résultat était là, la fonction des étagères préservée, sa belle-fille n’ayant pas prévu dans son cahier des charges de stocker ici des billes.

Du Rock il en joue, il a fait partie d’un groupe qui pulsait une musique sur une base de LA RE MI en 120 ppm minimum. Cette pulsation c’est lui qui la donne, maitre de baguettes, pieds et mains indépendants ou coordonnés. Il fait vibrer la petite comme la grosse (caisse), les cymbales, les pédales, le charleston, les toms. Son mouvement de tête caractéristique savoure ses moments de grâce musicale. Pour le voir il faut se décaler un peu. Le maître du tempo de groupe oeuvrait en arrière scène. Les spectateurs devaient arriver à décrocher leurs yeux du chanteur, puis contourner le bassiste ou le guitariste pour pouvoir profiter visuellement de notre homme de Rock. Tous profitaient plus ou moins inconsciemment, yeux ouverts comme fermés des vibrations initiées par ses frappes précises.

Solo

Papa de 2 enfants, le rocher que j’ai rencontré avait gardé des traces des marées émotionnelles de son couple précédent. Des aspérités de surface avaient retenu quelques algues, et résisté à l’océan de ses yeux.

C’est en 2013 que les billes vertes cerclées de bleu (précision de couleur importante pour ma soeur qui a beaucoup plongé les siens dans les siens) de notre rock à aspérités, ont croisé ma soeur. Il se sentait moche, inférieur, non légitime à espérer que celle qui devint l’amour inconditionnel de sa vie puisse lui décrocher un regard, un sourire. Pour cette première rencontre il s’est fait Bernard l’Hermite, essayant de rentrer son corps tout entier dans une coquille invisible. Tout autant désireux de lui parler, de la regarder, que craintif de présenter sa carcasse à une femme impératrice.

Quelques semaines plus tard, petit à petit ragaillardi, il tentait le tout pour le tout. Elle lui avait souri, elle lui avait parlé, elle n’avait pas vomi, l’avait considéré. Le 240 ppm de son coeur avait abreuvé son cerveau d’un sang boostant. Il l’emmena de Lyon à une plage dont j’ai mangé le nom, …

Couplet A / A couplé

… lui demanda sa main en caution de tout le reste et obtint un oui inouï et claquant.

(Il était tard le soir du début de l’écriture de ce billet pour votre narrateur. J’avais l’envie féroce de poursuivre ce billet, mais un bout de raison m’a conduit à mettre en suspens le flot de mes mots. Comme promis je poursuis ce soir, 1er Novembre 2021, un jour propice pour célébrer un saint …)

J’avais lancé l’idée d’écrire le pont, le refrain, la fin de partition avec l’un ou l’une d’entre vous ? Le défi a été relevé par un ami proche d’Alain, mais je n’ai plus le courage d’attendre. Désolé Geoff, il te faudra trouver un autre moment pour exposer ta plume, sa force, son amertume, tes faiblesses et tes performances.

Nous avons assisté à leur mariage, par un temps pluvieux… Nous étions réunis après la cérémonie civile dans le jardin de leur maison qu’ils louaient à Charbonnières-les-Bains (69, proche de lyon). La fête battait son plein malgré les rincées. La piscine a même été utilisée, volontairement comme par traitrise. C’était je crois en fin d’été. J’étais à peine remis de ma descente aux enfers provoquée par une crise maniaque, suivie de fortes dépressions. Il paraît que je suis bipolaire… Tant mieux finalement, si je suis un aimant.

Petite parenthèse, j’aime bien les parenthèses, elles permettent de respirer tout en tenant en haleine… J’ai appris récemment le sens de l’expression “mariage pluvieux, mariage heureux” qui s’écrit en fait “mariage plus vieux, mariage heureux”. Une révélation pour moi pour un proverbe qui me paraissait obscure, ne faisait pas écho en moi. Vous êtes-vous fourvoyé vous aussi ?

Monsieur Rock et madame ma soeur ont décidé par la suite de se trouver un nid alors même qu’ils n’avaient pas prévu de nouveaux oisillons. 2 filles pour lui, 2 filles et 2 garçons pour elle, faut pas déconner.

Je cherchais moi aussi à déménager et nous menions nos quêtes séparément jusqu’au jour où ils me proposèrent une opportunité commune. Ils avaient dégoté un projet de réhabilitation d’une maison de 1850 et des poussières (il y en avait beaucoup). 2 lots restaient à vendre. Je n’hésitais pas longtemps : 4 murs pour moi avec un jardin devant, autant de murs pour eux un peu plus écartés pour les accueillir avec 2 enfants de ma soeur encore au nid. Nous avons géré nos travaux de concert, sélectionné des meubles de cuisine, de salle de bains, des portes, des sols pour nous retrouver avec 2 appartements assez semblables dans leur style.

Quelques mois auparavant, monsieur rock, ma soeur et moi déjeunions à la terrasse d’un café, le café de l’horloge au centre de Tassin-la-Demi-Lune. Lui était lassé de son job, son patron était parti en sucette, escroquant ses clients comme ses fournisseurs et partenaires. Mon cher beau-frère cherchait une issue, un nouveau projet professionnel. J’étais en recherche d’activité après mes congés psychiatriques forcés, et surtout en recherche d’un projet. Elle lança l’idée : “depuis des mois, je vous entends parler de travail, de philosophie de travail, avec la même foi, des approches similaires… pourquoi ne travailleriez-vous pas ensemble ?”. Et mon futur proche associé de rétorquer : “oui c’est vrai et d’ailleurs j’ai une idée à te proposer dit-il en se tournant vers moi”. 2 mois plus tard les statuts étaient déposés, la société créée, les démarches administratives faites. Nous ne sommes pas des Bill Gates ou autre Steve Jobs, en lieu et place de garage nous avons débuté au bureau installé dans leur chambre à coucher.

Inutile de vous préciser quelle activité nous avons créée, nos proches la connaisse et je vais vous lasser. Toujours est-il que nous avons bien mené notre barque, avec chacun notre rame, nos spécialités, nous étions suffisamment complémentaires pour la faire avancer. 4 ans passés dans le même espace que lui, à 2 mètres de lui et à 100 mètres de notre domicile commun. Il parlait beaucoup, même seul devant son écran il devait s’exprimer. Je suis un calme, un silencieux, un concentré, quel beau contraste. Il lui arrivait de me dire qu’il trouvait incroyable que je puisse passer des heures sans lui adresser la parole. Nos pauses café – clopes nous sortaient de nos écrans et claviers et je prenais plaisir à l’entendre ronchonner ou réagir à une actualité. J’entends certains d’entre vous penser quelque chose du genre “pas étonnant qu’il soit mort prématurément en enquillant ainsi des excitants et pathogènes nicotineux”. Certes, vous en êtes en droit de le penser, et je ne tenterai de déverrouiller votre esprit quelque peu étriqué.

Bref assez de divergences professionnelles. Retournons dans la vie, le coeur et l’esprit de mon ami qui me manque déjà.

La crise liée à l’escroquerie cocoronavirussienne acheva la modeste entreprise que nous avions créée ensemble. J’avais décidé quelques mois plus tôt de reprendre mon activité précédente dans le service. La vente de produits un tant soit peu évolués me lassait. Rabâcher sans cesse les mêmes argumentaires, passer pour un expert alors que je n’avais fait que m’informer. La présence de mon associé chéri ne suffisait pas à raviver ma lassitude. Il assura quelques mois avant de succomber au gouffre économique creusé par le si dangereux virus. Il ne portait pas de masque, refusait les mesures de couvre feu et autres “couvre chefs”.

Il avait déjà un autre projet professionnel en tête, sorti au départ de celle de sa femme (toujours ma soeur, vous suivez ?). Il a ajouté une nouvelle dimension : celle de créer cette nouvelle structure loin des trottoirs Lyonnais, direction l’île de Ré. Les trottoirs Tassulinois étaient de plus en plus vides, les passants de plus en plus ternes, méfiants. Ils faisaient parfois des détours pour contourner ceux qui osaient respirer le même air qu’eux sans avoir l’air inquiet, et sans masque.

Le pont

… vers son IL.

Ils se décidèrent, leur avenir était au bord de l’océan, dans un village calme, des trottoirs tantôt vides, tantôt bondés. Lui en avait la certitude, elle faisait confiance à son flair de mâle aguerri. L’appartement du dessus se vida, vite et bien vendu. Ils partirent en décembre 2020 pour traverser le pont où se trouvait déjà son IL.

Nos appels étaient moins fréquents, et finalement c’est plutôt moi qui prenait de leur nouvelles. Je les pensais bien sur place, je savais qu’il avait besoin de quiétude, de poser ses bagages, de rompre avec une partie de son passé chamboulé. Je respectai ses silences. 9 mois s’écoulèrent. J’étais concentré sur mon job, accaparant, passionnant, et épuisant. Mon coeur et mon cerveau me chahutaient, mes 2 ventricules s’opposaient, mon cerveau droit se disputait avec le gauche. Mon envie profonde d’autonomie, de liberté, affrontait ma tentation de me rapprocher de plus en plus d’une femme que j’avais rencontrée juste après mon emménagement dans l’appartement acheté sous celui de ma soeur et de mon beau-frère. Lors de mes rares échanges avec eux, ils me demandaient quand je comptais venir les retrouver sur l’île pour un week end ou une semaine où la nature me sauterait au visage, pendant lequel je pourrai découvrir leur vie déportée. Je repoussais mon voyage, j’attendais le bon moment, j’attendais l’envie insatiable de cette évasion.

Il y a quelques semaines j’appris que le proverbe “pas de nouvelles, bonnes nouvelles” ne rejoignais pas toujours la réalité. J’appris une nouvelle… ma soeur était mal, très mal, perdue, dépressive. Il ne comprenait pas. Dans le lieu de ses rêves, et à ses côtés leur vie ne devait-elle pas tenir leurs meilleurs atouts ? Il était impuissant, malgré sa bonté, son amour pour elle, son attention permanente, son amour de femme s’écroulait… Son IL ne comblait pas son ELLE.

Elle craqua, décida de partir loin quelques jours, sur les conseils du psy qui la suivait, direction Lyon, chez une amie proche. À présent à 5 minutes de mon domicile, je décidai de lui parler avec la complicité de son mari, inquiet d’apprendre qu’elle pourrait ne plus l’aimer.

J’allais la chercher, ce dimanche midi là, pour déjeuner avec elle chez moi. Je récupérai un débris, un bout de femme paumée. Je lui disait qu’il fallait qu’elle se fasse hospitaliser. J’avais du crédit pour mon argumentation, j’étais passé par là et cela m’avait sauvé. Lorsque je l’ai raccompagnée elle avait accepté, mon beau-frère en avait été aussitôt informé. Le lundi suivant elle sortait du cabinet médical après un entretien auquel il n’avait pas eu le droit de participer. Elle lui dit que l’hospitalisation ne serait pas nécessaire, les nouvelles molécules de bonheur fictif qu’elle ingérait depuis 3 semaines devaient faire effet, tel un pansement sur une jambe de bois.

La situation s’apaisa, elle lui dit à nouveau “je t’aime, tu es mon homme”. Il a dû respirer plus fort, voir revenir son espoir, se sentir aboutir. La mort l’a t’elle fauché dans cet état, sans crier gare, ou bien l’a t’il appelée pour un happy end ? En bon communiquant il savait parfaitement qu’il fallait soigner sa sortie. Laisser bonne impression, empêcher tout futur de gâcher son bonheur au sommet.

Refrain Roll

“J’suis un fou moi”, “j’suis Rock’Roll”, “j’me dépaille les cardons sur l’Île”, “50 cm ? Pile la taille de ma b… (au repos)”, “bah oui écoute”, “on a droit de pas savoir, mais on a l’information au bout du clavier”, “J’ai une belle relation avec mes filles”, “Je t’aime mon amour”, “avant elle j’me trouvais moche, grâce à elle je peux me regarder dans une glace et me trouver beau gosse”, “Apéro !!!”, “Faux tuer l’chien pour boire un coup ?”…

Le break

Cette nuit fatale, ma soeur fut réveillée par un bruit inhabituel, non attribuable au ressac de l’océan tout proche. La lumière qu’elle éclaira fit briller une écume sur le côté gauche du menton de son homme. Le râle qui l’avait réveillée provenait de la détresse respiratoire du roc voisin. Après quelques secondes d’effroi, abasourdie, et tout en caressant d’une main le dos de son homme, elle s’empara du téléphone pour un allo séant à la situation. La voix calme et posée qui lui répondit lui confirma son intuition : elle devait passer en mains libres pour actionner la cage thoracique dans un tempo Rock’Roll pour une première partie solitaire. La seconde suivrait dès l’arrivée des stars incontestées des secours.

Fin de partition ?

Sur l’Île de Ré L’aMi … Je viens de faire le lien, les accords du Rock’Roll sont là, évidents à présent. Le Ré sert de pont entre les accords et son Île du même nom. Bluffant… j’en suffoque presque.

Son histoire sur terre s’arrête définitivement demain matin, il partira en fumée, direction l’océan qui accueillera ses cendres, qu’il le veuille ou non (l’océan). Fin de son histoire, activation de la persistance de nos mémoires. Je pense que nous mourrons vraiment lorsque nous cessons d’exister dans la tête de nos proches. Je ne suis pas spirituel sur ce sujet. J’aime penser que nous sommes de passage, à peine un grain de sable dans la plage de l’humanité. J’aime penser que la nature suit son cycle, les cellules de notre corps sont provisoires, et sont recyclables. Elles produiront d’autre choses, d’autres êtres vivants, d’autres micro organismes en retournant au sol, ou en plongeant dans les vagues. Je me sens humble face à tout cela, je ne revendique rien, je ne cherche pas à imprimer ma trace dans l’histoire. Je suis, j’existe, je suis heureux, malheureux, énervé, joyeux, amoureux ou pas, mais je vis tout simplement. Et dans cette vie, mon beau-frère et moi nous avions la même philosophie : remercier, aider, écouter nos proches, nos clients, nos prospects, nos fournisseurs, notre épicier, boulanger, éboueur… maugréer, remballer, nous moquer des escrocs, des abrutis de passage, des commerçants de mauvaise humeur. Et vous, y pensez- vous ? Pensez-vous à discuter, remercier, aider ceux qui font le bien pour vous, autour de vous ? Et à fusiller les mal b… les emmerdeurs chroniques ?

La partition de monsieur rock vaut la peine d’être jouée et rejouée, il ne nous fera plus vibrer par de nouveaux accords, contentons nous de sa créativité passée. Courage mes amis, ses amours, ses parents, ses proches, soyez fier d’avoir fréquenté ou enfanté cet homme, de l’avoir chéri… Avec certains d’entre vous nous avons déjà évoqué quelques projets d’hommage, il nous reste à les réaliser. Je reviendrai vers vous si ces idées se tarissent, j’ai envie de me souvenir de lui avec vous.

La cérémonie aura lieu dans quelques heures. Elle sera courte. J’ai rédigé un texte court pour lui, et que je me suis ensuite lu à voix haute. Je ne le dirai pas demain, il ne sortirait pas sans sanglots, le rendant inaudible. Il est inscrit dans mon bloc note électronique depuis mon arrivée ici. Il n’était pas encore déclaré mort, et je le savais condamné. J’ai presque eu de la rancoeur à me regarder l’écrire comme si plus aucun espoir n’était permis. Je vais le coucher là en conclusion, en fin de partition… autant le partager.

Mon beauf…

Je souhaite tout simplement te dire au revoir. En te disant au revoir, je dis au revoir à un musicien, je dis au revoir à un curieux, un passionné; 

je dis au revoir à un ami, à un associé, 

je dis au revoir à un homme d’esprit, et à un homme au grand coeur. Tu es et restera pour moi un peu de tout ça. Et ces petits peu comptent beaucoup pour moi. Je t’embrasse affectueusement et toujours sans masque.

Moi, pour lui, le 26 octobre 2021, par anticipation…

18 réponses sur “Rock’Roll”

    1. Merci Daniel. Nous avons eu le plaisir de te côtoyer tout au long de notre aventure entrepreneuriale où Alain et moi étions associés. Un plaisir de travailler avec quoi en tant que partenaire, fidèle et loyal. À bientôt

  1. Merci Seb’ pour ces mots..
    Elle va me manquer cette étagère, symbolique d’un homme à la carure -je cite- “d’une armoire à glace”, toujours prêt à rendre service et à combler ses proches.
    Au revoir A.

    1. Merci Jeanne,
      Écrire sur Alain était important pour moi, pour témoigner de ce que j’ai perçu et vécu avec lui. Si cet hommage peut vous aider tous un tant soit peu, je suis comblé.

  2. Émue, bouleversée je suis… je m’étais promis de mieux connaître ce beau couple qu’ils formaient. Ophélie et Alain… pas eu le temps…mais le temps d’apprécier cet homme fort et fragile lors de travaux d’impression aux ateliers…et chouette souvenir de la fête d’ouverture des ateliers Pixels.. Voilà, ça je le garde dans ma mémoire, bien précieusement.

    Co (ancienne courdaise de cœur…de la Noue now, Cours des Écoles. Tout près des ateliers d’Azelle….)

  3. si si j ai tout lu ? bravo mon frère c est brillant. Énorme bisous a tous ceux qui sont comme moi, comme toi, comme tant d autres sont blessés par la disparition trop brutale d un être rare et genereux.

  4. Une belle plume qui sert un bel Homme….voilà comment je résume ton hommage!
    Pas connu assez, moi juste un passant un peu artiste aux ateliers Dazelle, mais sa poignée de main franche et les yeux d’Ophélie me manquent….
    Merci
    Philippe

  5. Seb, je suis sur le cul. Je suis tombé par hasard à 5h du mat’ (insomnie de fatigue) sur un post Facebook d’Ophé te remerciant pour un hommage à son homme. Je n’y ai pas cru. Et je t’ai lu. Et j’ai donc compris. Au delà de la beauté et de la richesse de ton texte je retiens la beauté de l’homme que j’ai (un peu) connu et qui était un vrai personnage.
    Je pense fort à Ophélie et aux enfants. Je pense a toi. Je pense à l’injustice de la vie. Je t’embrasse mon pote.

  6. C’est édifiant ce flot de mots, c’est magnifique …
    Bravo Seb pour ton témoignage.
    Nous avons partagé quelques soirées avec Alain et Ophélie, ma sœur de cœur et ma sœur spirituelle, qu’est ce qu’on était bien !
    On avait le choix de les rejoindre à l’ile de Ré cet été ou de partir en Crète, on a choisi la Crète, on pensait qu’on avait du temps…
    Moralité : ne jamais remettre à demain ce qu’on peut faire le jour même. Profiter des gens qui nous font du bien et qu’on aime.
    Je vous embrasse tous.

    1. Merci Marie-Laure. J’ai moi aussi repoussé ma venue sur l’Ile. J’y suis finalement allé trop tard. Je vis à présent un moment dans ce lieu incroyable, marchant sur les pas de mon ami, avec l’impression d’y avoir déjà vécu un peu. Il m’avait parlé de l’atelier, du primeur du coin de la rue, du plaisir de croiser des gens souriants et accueillants. Ses talents de narrateur me sont ainsi confirmés…

  7. Merci Sébastien pour ce très beau texte qui nous donne la chair de poule.
    Nous avons eu le privilège de passer une très belle semaine à l’île de Ré cet été sans imaginer bien sûr que c’était la dernière fois que nous passions du temps avec Alain. Il nous a fait partager ses coups de cœur, ses coups de gueule, et on l’a quitté en se disant qu’il était à sa place là-bas sur son île.. Il comptait beaucoup pour toi et toi pour lui, mais Alain s’en va en laissant ses traces dans les cœurs de chacun..
    Sandrine

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